La psychanalyse c'est Freud et tous ceux qui en dérivent. Les principaux sont K. Abraham, S. Ferenczi, A. Freud ( sa fille), R. Spitz, M. Klein, D.W. Winnicott, M. Mahler, W.R. Bion, F. Tustin, D. Meltzer, H. Hartmann, E. Kris, R. LOewenstein, j. Bowlby, J.M. Lacan, F. Dolto. Leurs apports se situent sur différentes approches du développement affectif chez l'enfant, certains le développent au stade du bébé, notion de moi primitif (M. Klein); sur le réel, le symbolique et l'imaginaire, sur la position du père ( Lacan ); sur le traitement psychanalytique des enfants, sur les résistances (A. Freud). Ils ont tous approfondi le développement affectif de l'enfant et de l'individu, et ont pris en compte les théories de J. Piaget et B. Gibello sur le développement cognitif de l'être humain.

(pour plus d'informations: B.Golse, Le développement affectif et intellectuel de l'enfant, éd. Masson, 1992.)

La psychologie analytique c'est Jung et son école. Les psychanalystes freudiens, loyaux envers les acquis de Freud, bien qu'ayant pris connaissance de la théorie junguienne, ne s'y intéressent que peu. En effet, Jung a, de fait, minimisé les principaux fondements de la psychanalyse. Il reconnaît l'immense travail de Freud, mais il remanie de manière importante les principaux concepts de la théorie psychanalytique :

  • La libido : c'est une énergie psychique globale et qui n'est pas que sexuelle.
  • La primauté de l'influence de la sexualité sur la vie psychique : il y a aussi les besoins vitaux, et le sens religieux de l'homme.
  • Jung croit à la notion de foi.
  • l'interprétation des rêves : les rêves ne sont pas que l'expression inconsciente de désirs inassouvis, de fixations, de pulsions refoulées, ils sont aussi l'expression de l'inconscient qui développe le présent et projette ainsi l'avenir (rêves prémonitoires).
  • L'inconscient : il n'est pas q'individuel, il devient collectif dans ses couches profondes, et est articulé sur des pôles énergétiques que sont les archétypes.
  • Le principe d'individuation, réalisation de soi, le Selbst.
  • Jung pense que la vie à un sens, un but, un objectif, et s'inscrit ainsi dans une vision téléologique des phénomènes.

Pour moi, Jung c'est les théories orientales traduites en langage psychologique. Le principe d'individuation et l'affrontement des archétypes correspond au chemin de l'éveil bouddhique, la réalisation de soi. Ses différents voyages, son immense culture des langues, de l'ethnologie, des théories métaphysiques orientales, de l'alchimie et sa compréhension profonde de la psychanalyse, lui ont permis d'atteindre cette synthèse. Il y a donc une connexion directe entre le bouddhisme et la psychologie analytique.

Les contemporains ne s'y sont pas trompés, et des termes junguiens ont été intégrés dans le langage psychanalytique. Freud a essayé d'être le plus précis possible et de cerner au mieux le sujet extrêmement vaste qu'est la psyché humaine. Il a procédé de manière sérielle, un point acquis permettant de passer à un autre point. Il a essayé de rester dans le champ de la pathologie, même si immanquablement il a été obligé de passer de l'individu au collectif, et de faire des incursions dans les domaines de la philosophie et la théologie. Jung a pris un autre chemin, il est parti de différents points pour en cerner un, et il a eu une approche circonférentielle.

 

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