1. Persona et Ombre
  2. Inconscient

La persona

La partie "consciente" qui contient l'ego, le moi "Je" désirant et volontaire est la persona. Jung l'a appelé ainsi car persona vient du grec prosopon = masque. Les anciens acteurs de théâtre grec devaient porter différents masques pour jouer des rôles distincts, et chacun de nous changeons de masque selon le rôle que nous adoptons dans les différentes situations des relations humaines. La persona représente les attitudes conscientes envers le monde extérieur. Les qualités les plus appropriées par rapport au monde extérieur sont plus particulièrement développées, cultivées, elles constituent les "principes éthiques" d'une culture donnée et servent de base de comportement. Ces qualités, éléments, sont organisés, structurés par la persona autour d'un noyau possédant les qualités de "continuité" et "d'identité", le moi, ego qui est une condition de la conscience. Celui qui s'identifie entièrement au rôle qu'il joue dans la société, selon ses principes moraux, son rang social, sa profession, est "phagocyté" (dévoré) par son masque, sans lequel l'existence lui devient impossible.

L'ombre

L'ombre est le subconscient individuel, et contient les désirs qui, plus faibles, demeurent hors de la conscience. Elle organise et réunit ce qui est réprimé par la persona (considéré comme négatif), ce qui est déprécié par la persona (sans valeur en relation avec son individualité, ex.: une aptitude artistique non cultivée qui demeure primitive, dans l'ombre de la persona…), ce qui n'a pas été choisi parmi les possibilités du tempérament (un individu introverti et réflexif dans sa persona est extraverti et sentimental dans son ombre).

Cette organisation crée un système autonome, un anti-ego qui s'oppose à la persona. Lorsque l'ombre prend le dessus sur la persona (situation de crise, d'affaiblissement), elle apparaît comme une personnalité cachée, et elle contraint l'individu à se comporter selon sa loi (ex. une dame très sophistiquée fut surprise par son mari dans une liaison avec le concierge, et il apparut qu'elle se rendait dans une maison de passe, préférant les hommes les plus incultes, les plus grossiers; l'effort de sa distinction demandé à sa persona la faisait "flancher" de temps en temps et son ombre apparaissait).

1- L'ombre a tendance à se projeter sur les autres, on la découvre dans les défauts de l'autre ( ce qui explique que l'on voit ces défauts et que l'on critique l'autre).
2- L'ombre a toujours le même sexe que la persona. La négativité de l'ombre est parfois due au manque de développement de qualités positives qui surgissent alors de manière immature (ex; un introverti en état d'ébriété laissera apparaître son ombre et manifestera un comportement grossier, lourdaud).
3- L'ombre compense la persona, si l'on cultive les qualités mises au rebut, on enrichira le moi de son énergie. Au contraire, plus l'ombre sera réprimée, plus elle deviendra autonome et prendra un volume de libido tel qu'elle affaiblira le moi.


L'inconscient collectif 

Personna et Ombre

La singularité de l'individu (persona + ombre) "flotte" sur l'océan d'énergie commune à toutes les singularités, l'inconscient collectif. L'énergie vitale de l'inconscient collectif n'est pas indifférenciée et homogène, elle s'accumule sur des noyaux dont les organisations sont aussi autonomes entres elles: les archétypes.
Ils sont communs à tous les humains.
Ils ont la propriété de donner des formes diverses à la libido, ils sont définis comme des potentialités psychiques "formatives", ils sont comme le système axial d'un cristal qui le préforme. "L'archétype comme le cristal possède un noyau de signification invariable, lequel détermine toujours le mode de manifestation, sans toutefois en déterminer la forme concrète finale" (CG. Jung)

Les archétypes sont:

-         autonomes, doté d'une énergie vitale propre.

-         organisés comme des "personnoïdes", comme des entités ressemblant à la persona. Leur influence pathologique se vit comme si un étranger agissait du dedans de manière autonome.

-         Ils s'activent au contact de facteurs externes (art, doctrines, situations critiques) de manière non causale et non motivée.

-         Ils sont beaucoup plus forts que le moi (quantité d'énergie liée), et peuvent l'absorber (si l'individu s'identifie à l'un d'eux, il agit alors de manière psychotique. Le moi disparaît et s'exprime de manière mégalomaniaque, comme si l'individu concret était lui-même le collectif; C'est l'inflation et le processus de dissolution du moi s'appelle phagocytose du moi par l'archétype.

L'archétype est toujours inconscient, il s'exprime par des contenus qui signifient la même choses: les symboles qui sont le "langage" des archétypes (très différent de Freud, pour qui les symboles sont des signes, des allégories à un autre contenu du psychisme. Des expériences concrètes deviennent symboles par généralisation ultérieure.)
Pour Jung le symbole n'est pas une simple allégorie, il mobilise et transforme la globalité de l'individu: Le symbole est un véhicule transformateur d'énergie. Il transporte l'énergie (libido) de l'inconscient collectif vers le moi. L'image symbolique porte tant de puissance qu'elle peut submerger et noyer l'ego en activant les régions profondes et inconscientes de la psyché.
Comment savoir si une image est un symbole? Si l'image procure des vécus particuliers (fascination, frissons, tremblements,…), alors elle transporte un symbole de type archétypal, on l'appelle imago.
Les archétypes qui se manifestent le plus souvent sont l'archétype sexuel (anima/ animus), le vieux sage, la terra magna, l'archétype "lumière", l'archétype cosmique.

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